Focus sur la Camomille

Créé le 7/07/2017

Après le gel qui a réduit toute végétation à néant à la fin du mois d'avril, nous avons dû accorder à la vigne tous les soins nécessaires pour que la repousse se fasse dans les meilleures conditions. Les contre-bourgeons ont fait une sortie de grappe très irrégulière et surtout ​trop modeste! Les rares grappes sont toutes petites, mais elles ont heureusement fleuri pendant la semaine ensoleillée (et caniculaire!) autour de la St Jean, juste avant 10 jours de pluie diluvienne. La récolte 2017 risque d'être la plus petite des dernières décennies...

Les conditions climatiques de ces derniers mois, nous ont amené à utiliser la camomille dans nos préparations biodynamiques, l’occasion de reprendre notre série « focus sur une plante », qui va vous en donner les raisons.

​L​a camomille matricaire (Matricaria recutita ou Matricaria chamomilla)

Utilisée au moins depuis l'Egypte Ancienne et appelée communément « camomille » en herboristerie, elle ne doit pas être confondue avec deux autres plantes médicinales, la grande camomille Tanacetum parthenium et la camomille romaine Chamaemelum nobile.

Plante printanière se développant ça et là dans les rangs de vigne, sa cueillette s’opère entre mi-avril et mi-mai à Climens. Elle ne concerne que les inflorescences (capitules) et se déroule à la faveur d’une matinée ensoleillée au tout début de leur floraison.

On attribue à la camomille de nombreuses vertus. En médecine traditionnelle, la fleur de camomille, réputée calmante, s'utilise en tisane, seule ou en mélange, contre les troubles du sommeil, les troubles digestifs, l'eczéma, etc … Elle rentre aussi dans la composition de certains produits cosmétiques, notamment pour bébé (l’image de douceur est bien dans l’inconscient collectif !)

En viticulture biodynamique, la camomille matricaire - utilisée dans la préparation 503 – a pour propriété de « remettre en rythme tout en calmant ». Elle aurait un rôle de régulateur dans l’assimilation de l’azote et du calcium permettant ainsi une croissance saine, modérée de la vigne (pour rappel, une absorption trop importante d’azote rend la plante "aqueuse", donc plus sensibles aux champignons parasites comme le mildiou). Son lien avec l’élément air-lumière (ennemi des champignons !) serait donc à mettre en rapport avec cette propriété. Aussi, ponctuellement et à la dose de 10 g par hectare, nous avons recours à la tisane de camomille lorsque la vigne souffre d’un stress hydrique, mais également ​en cas de forte chaleur voire de canicule ou à l’inverse lors d’un brusque ​refroidissement.​

La camomille est une alliée particulièrement précieuse en ces temps de variations climatiques brutales. Elle redonne de la fluidité, son énergie aérienne agit tout en douceur pour "alléger" les situations difficiles.